Arnaud Saint-Loubert Bié (1938-2013) a passé sa vie à dessiner, quotidiennement, discrètement, inlassablement. Professeur à l’École des Beaux-Arts de Nantes pendant plus de vingt ans, et parallèlement, pendant dix ans, à l’École d’Architecture, il a créé une œuvre paradoxale : fascinante par son étendue et sa maîtrise (des milliers de dessins), déconcertante par la modestie du support (simple papier à lettres, demi-format).
Les dessins d’Arnaud Saint-Loubert Bié, d’une précision et d’une minutie infinies, développent tout l’éventail des gris, du presque blanc au presque noir. À la pointe du crayon surgissent paysages, constructions abstraites, compositions surréalistes, rêveries.
On devine que, pour Arnaud Saint-Loubert Bié, l’essentiel est ailleurs, non pas dans le sujet mais dans le médium et le geste : qu’est-ce que dessiner veut dire, quand la pratique du dessin occupe tous les instants, quand le monde semble se dérober au point d’imposer qu’on le fixe sur une moitié de feuille de papier blanc 80 gr. ? Sa réponse est limpide : dessiner instaure une trouée salutaire dans l’opacité du monde, une ré-création ( ποιεῖν) qui est pure poésie.

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Dessins au format 9×9 cm

L’œuvre peint

Parallèlement à son œuvre dessinée Arnaud Saint-Loubert Bié a poursuivi un travail de peintre, huile sur toile et plus souvent sur plaques d’ardoise. Son goût pour la couleur et l’équilibre des masses, proche de l’expressionnisme abstrait s’est notamment exercé au sein du groupe Archipel, groupe de 9 peintres fondé en 1968 à l’initiative de Jean Billecocq.